Mes hiérodules - Les Sorcières du Val d'Amour
Comme tout livre de poche, Mes Hiérodules a déjà une histoire éditoriale, mais ce livre là a de plus une histoire tout court, résurgence grotesque d’une censure pudibonde, au nom d’une moralité de notable ranci. C’est que le sujet n’est pas anodin.
L’auteur raconte rien moins, sous forme de vague confession à un directeur de conscience sans doute guère plus pénitent non plus, sa vie de dominatrice saphique, servie par deux esclavonnes, qu’elle consomme ou pas, mais utilise à ses besoins ménagers. L’une était infirmière pédiatrique, le conseil de l’ordre a voulu supposer qu’une œuvre littéraire écrite par un tiers pouvait servir de motif à sa suspension. Il ne fait pas bon être soumise, à l’ombre des corps constitués et des avantages acquis.
Le corps du délit se trouve dans Mes Hiérodules, la chronique des esprits étroits de ce Clochemerle dans Les Sorcières du Val d’Amour. Au moins au titre de la défense des libertés, littéraires et de mœurs, ces livres là méritaient un sourire.