Sur le mont de Vénus,
se laisser charmer par une voix.
Elle me susurre, elle organise mes sens,
elle souffle. « Viens, je suis là. Retourne-toi ».
Sur le mont de Vénus, je me retourne
et je ne vois que le vide.
Une forêt touffue, deux jambes écartées et le gouffre,
cet appel splendide, ce cri voluptueux,
cet avide horizon au cur de son sexe.
« Jean, je tattends, viens en moi ».
Sur le mont de Vénus, je me laisse charmer par sa voix.
Je nexiste plus que par le bout de mes doigts.
Ils se posent, ils hésitent, ils caressent, ils tremblent.
Il y a cette chaleur, il y a cette douceur, il y a de la moiteur aussi
et ses mouvements,
sa rondeur, sa candeur et son regard pénétrant.
Sur le mont de Vénus, le silence sest imposé,
impétueux, fougueux
comme la lame de mon désir, que je brandis sans retenue,
gaillardement dressé à lappel de lAmour.
Ce cur palpitant, rouge passionnément
et suave comme lodeur de sa peau.
Je lèche, je savoure,
jhume le goût des fraises et la blancheur du lys,
comme à laube de mon premier baiser,
je menivre de nos vibrations à lunisson,
cette chevauchée sauvage dune nuit sans lune.
Est-elle tigresse, louve ou boa ?
La femme que je tiens entre mes jambes, se débat
et me griffe, me mord et membrasse.
Je vais en elle, comme roule la vague dans la mer.
Elle me porte, elle memporte, je déborde et me brise
comme lécume dune éternelle marée.
Sur le mont de Vénus, jai entendu sa voix,
jai déposé mon cur à lorée dun bois
et je lui ai dit : « je taime ».
