
Serge Rivron, lauréat du Prix Vénus de la Nouvelle Erotique, concours organisé en collaboration avec les Editions Blanches en 2007, grâce à sa nouvelle La séance, nous annonce la parution de son livre La Chair, aux Editions Huguet, sous la collection Les soeurs océanes...
«J'aimais l'argent, il faudrait être Saint. Les questions d'idéal sont ce qu'il y a de plus fragile en nous. Un rhume, un amour malmené, un échec professionnel, un voisinage insupportable, une trop jolie voiture, une dette, l'envie... les autres, tout menace. Y compris l'idéal, s'il ne se réalise pas un peu, alors... Qui n'est pas un Saint est un tricheur. Jusqu'à l'abaissement. Jusqu'à la vomissure.»
Michel aime l'art, l'argent, les femmes. Revenu de tout, sauf d'un imprécis besoin d'absolu, ou d'éperdu, il entre dans la spirale vertigineuse de la chair, et de ses mystères - au sens sacré du terme. La chair, celle qui, de la naissance à la mort, de la jouissance à l'horreur, triomphe en nous, toujours. Entre les salons mondains de Paris, le bordel du Callao, au Pérou, et le monastère de Poblet, en Espagne, nous suivons une intrigue qui met petit à petit aux prises le sexe et le sacré, dans leurs liens inexorables. Un roman d'une force expressive rare, qui se joue - non sans ironie - de tous les styles, ressuscitant tour à tour Pascal et Céline, Bernanos ou Bloy. Un érotisme mystique, à fleur... de chair.
Serge Rivron est décidément un auteur "à part". Son premier opus, Crafouilli (ed. les provinciales, 2000) explorait dans une langue étrangement ciselée les sentiers – désertés par la littérature, et pour cause ! – de l'histoire... de l'humanité ! Sorti presque confidentiellement, son "légendaire récit" continue cependant de faire régulièrement des émules, à l'image de Pierre Restany qui, l'un des premiers, s'en était enthousiasmé.
Avec La Chair, il confirme son attrait pour les sentiers non battus de la littérature, faisant s'entrecroiser le sexe brut et la théologie dans une sorte de ballet mystique haletant, et implacablement détergent.
"La Chair est un livre que l'on aime et que l'on craint (...) On pourra convoquer les figures de Calaferte et de Bloy. On pourra parler d'un roman "pornographique" et "catholique". On pourra. Ce ne sera jamais qu'une tentative pour désamorcer la charge du roman. Un moyen de retarder l'instant décisif pour toi, lecteur. Pour toi qui te tiens sur le seuil. N'attends rien de la lecture de ce livre. Attends en tout. MAINTENANT."
extrait de la préface de Frédérick Houdaer