Elle était sous la nuit pâle, sur la terrasse, sa robe blanche laissant voir son beau corps clair à travers le tissu translucide. Elle leur sembla comme une apparition et sa beauté les fit trembler tellement que leur membre viril se souleva tout net. Ils n'eurent plus qu'un désir, la prendre dans leurs bras et la mettre dans leur couche et la couvrir de leurs baisers et de leurs caresses. Ils s'approchèrent, elle se retourna et leur sourit en les regardant dans les yeux.
Ses yeux étaient si clairs, si transparents, qu'ils eurent peur qu'elle ne s'enfuie ou ne s'évapore comme une créature issue de quelque songe. Cependant, elle resta là, à les regarder de ce même regard tranquille et même amusé, comme si elle les défiait un peu du regard de l'enlever. Impressionnés, ils continuèrent à avancer jusqu'à la toucher, et là elle eut comme un mouvement de recul, non pas de peur, mais comme si c'était plutôt de surprise, comme si avant eux jamais un être humain ne l'avait jamais réellement touchée et surtout pas embrassée.
Doucement, pour ne pas l'effaroucher, ils murmurèrent son nom d'une voix grave, tranquille et apaisante, et déposèrent un baiser sur son front de neige. Ce baiser la brûla comme du feu, ce n'était pas vraiment désagréable, c'était plutôt inhabituel, c'était une sensation qu'elle n'avait jamais connue, et finalement elle décida d'accepter la présence des deux hommes. Elle ne pouvait les chasser et était en fait plutôt piquée par la curiosité: qui étaient-ils et pourquoi s'intéressaient-ils à elle ?
Pour eux, la question était tranchée, ils voulaient la posséder, non pas pour la profaner, mais plutôt comme on s'initierait au culte sacré d'une déesse. Car c'est comme cela qu'elle leur apparaissait, une nymphe, une dryade, une sirène innocente au regard de cristal et au corps enchanteur. Devant tant de beauté et de pureté, parfois, les bras leur en tombait, elle leur semblait comme venue d'un autre monde, celui des légendes et des mondes féeriques.
Pour elle, elle avait beaucoup de mal à s' y retrouver, elles ne comprenait pas qui étaient ces hommes et ce qu'ils voulaient, elle ne comprenait pas leur langage qui lui semblait rude et grossier et pourtant elle était attirée par eux, par leur beau corps, calme, stable et fier, comme si une mystérieuse parenté les rattachait. Elle se sentait cependant si loin d'eux parfois, perdue dans la brume de ses songes, tandis qu'à d'autres moments, il lui semblait qu'elle pourrait presque les toucher et répondre à leurs baisers. Elle était sans cesse à la frontière entre deux mondes, dont ils n'avaient pas la clé et semblait sans cesse leur échapper, pour revenir à l'instant d'après troublante et affamée de désir pour eux, de contact avec eux.