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Retrouvez ici l'actualité des parutions érotiques au fil des mois.


Fetish Chic
Nouveau fanzine à paraître

Fetish Chic est né de la rencontre et de l'alchimie entre Fetish Ginko et Clovered C., deux illustratrices aux styles bien trempés et distincts ayant la même passion pour les poupées caoutchoutées.

Cette équipe talentueuse a concocté un nouveau fanzine dont le premier numéro est à paraître très prochainement, où des illustrateurs talentueux (Serge Birault, Toma, Zuleta, Michel Achard, Marc Galvan) cotoient des écrivains non moins talentueux (Pierre Brulhet, Eva Lunaba).

Affaire à suivre... à guetter même !
http://fetishchic.blogspot.com/

 


Les immortelles, de Pierre Bourgeade
Gallimard - Collection Le Manteau d'Arlequin

Une cinquantaine de pages légères, seize centimètres sur onze, un demi d’épaisseur, les Immortelles tiennent dans le creux de la main, essence sans poids ou quintessence, comme un parfum de femme.

En une pièce, deux actes, dix tableaux, Bourgeade esquisse le mystère et l’inatteignable qu’il poursuivit sa vie durant, le féminin obsédant qui toujours fuit, comme à son dernier tableau, la ville aux pieds de laquelle la première nuit, le voyageur dort, pour s’en réveiller chaque matin plus loin. Femme, tu es le nom d’une quête impossible.

Toutes les figures passent, corps à corps esquivés, adorations sublimées, femmes profanes ou sacrilèges, hommes toujours obsédés par le calice de la vie.

Elles se succèdent, jalouses, mystiques ou putains, appelées sur la scène ou au contraire, dans l’intimité de leur réalité, exerçant leur persistant pouvoir d’attraction sur l’acteur, ce dernier tour à tour le visiteur, le mari, l’inspecteur, l’égorgeur, le crucifié, spectateur fasciné d’une sainte succube, victime et meneuse du jeu tour à tour, aussi prisonnière des échos masculins de ses propres désirs qu’elle les instigue.

Essence de parfum, mirage de mots, reflets de nos fantasmes et de nos impossibles, la pièce de Bourgeade à l’élégance de ce que l’on voudrait atteindre sans jamais pouvoir le saisir, la beauté d’une femme.

Pierre Bourgeade (1927-2009), homme de lettre français, photographe, a construit une œuvre faisant écho à Sade et à Bataille, ainsi que des roman noirs. Membre du Jury du Prix Sade, il en a reçu un Prix spécial du Jury,à titre posthume.

 


Pourvu qu'elle soit rousse, de Stéphane Rose
Editions L'Archipel - septembre 2010

Chambres noires...
«Son odeur de rousse, je ne l'identifiai que dans un second temps. Par déduction. Ce n'était ni celle du parfum ni celle du shampoing, c'était autre chose, un petit complément inattendu. Une odeur naturelle, animale, sauvage.»

Qui se cache derrière ce collectionneur de rousses ? Un obsédé ? Un don Juan pour sites de rencontres ? Un entomologiste maniaque ? Ses pérégrinations amoureuses vont lui causer bien des tourments. Car, pour être rousses, ses conquêtes n'en sont pas moins femmes...

À la croisée du roman obsessionnel, du carnet de route pornographique et du road movie introspectif, Pourvu qu'elle soit rousse se veut avant tout un éloge de la singularité.

Journaliste, Stéphane Rose est l'un des créateurs de la redoutée cérémonie des Gérard du cinéma et de la télévision. Pourvu qu'elle soit rousse est son premier roman.

 


Sade et le cinéma, de Jacques Zimmer
Editions La Musardine - Septembre 2010

Chambres noires...
Emprisonné longuement pour de mauvaises raisons, vilipendé de son vivant, honni après sa mort, condamné aux éditions clandestines, Sade ne fut totalement édité et partiellement réhabilité qu’au XXe siècle. À Jules Janin, écrivant, en 1834, « La main tremble en écrivant son nom », répond Apollinaire : « Le marquis de Sade ? Cet esprit le plus libre qui ait encore existé. »

Si le cinéma bénéficia des travaux éclairés de Gilbert Lély, Jean-Jacques Pauvert ou Raymond Jean, il ne se dépouilla pas pour autant de quelques images d’Épinal attachées à un personnage doublement sulfureux : par ses actes, par ses écrits. Pourtant, le 7e Art se montra relativement honnête et mesuré, certaines biographies filmées donnant de l’homme une image diversifiée, nuancée, documentée, même si d’autres n’exploitaient que des clichés ressassés.

Dans sa première partie (« Chronique et mythologies »), l’ouvrage étudie tous les films abordant certaines périodes de la vie du marquis classées chronologiquement (Les prisons, La Révolution, Les asiles…). S’y ajoutent des productions généralement fantastiques prolongeant son existence par des survivances, des héritiers, des réincarnations.

Dans la deuxième partie (« Sade Scénariste ») ont été regroupés, par titre d’oeuvres littéraires, toutes les adaptations : Pasolini ou Vadim y croisent Jacquot, Franco, Pierson, Scandelari ou Skorecki. En comparant la matière littéraire à sa transcription audiovisuelle, on mesure l’extrême difficulté du cinéma à égaler la crudité du texte et à en restituer l’esprit.

Une troisième partie, enfin, fait un sort particulier à un maître reconnu : Luis Bunuel. Lequel présente cette double particularité de n’avoir jamais adapté directement Sade tout en construisant une filmographie littéralement hantée par le « Divin Marquis » dont il reconnut souvent l’influence déterminante.
Le tout complété par un chapitre sur Sade notre contemporain, tel qu’il est assimilé aujourd’hui par le cinéma, mais aussi le théâtre, la bande dessinée, voire la publicité.

 


Nouvelles érotiques de Alina Reyes, Claude Chambard, Gérard de Loiès et Jacques Abeille
Editions In8

Le coffret de Nouvelles Érotiques des Editions In8 vous aguichent sur leur 4ème de couverture de quelques phrases de tenancière de maison close. La patronne fait défiler les belles de nuit pour le plaisir de vos yeux.

La littérature a l’avantage sur la vie de ne pas vous obligerà choisir, vous pourrez inviter les quatre nouvelles à se suivre dans votre chambre sans paraître présomptueux. Si vous l’étiez, et que vous soyez homme, la première vous remettra les idées en place puisque à la première phrase de Notre femme, Alina Reyes en pose le principe : On dirait que je ferais de cet homme ma femme, ma muse.

Si vous êtes femme, à vous donc de vous installer sur le fauteuil et de le regarder revenir des courses et de se diriger vers la cuisine. Vous pourriez vous glisser derrière lui et plaquer votre bassin contre ses fesses, le presser contre le plan de travail, glisser vos doigts sous ses vêtements puis lui planter une carotte entre les fesses, pendant qu’il voudrait se retourner mais que vous le lui interdiriez, non, contente toi de subir, continue d’éplucher les légumes et gémit, et puis vous le laisseriez là, humide, à faire cuire le potage pendant que vous pourriez aller lire le journal ou vous finir dans la chambre.

La Rencontre dans l’escalier, de Claude Chambard, pourra vous refroidir un temps avant que le thermomètre ne remonte dans Séraphine la kimboiseuse, de Jacques Abeille.

Chambard évoque en effet les lois de l’obscur et du mystère, et l’érotisme qu’il déploie est glacé, les corps s’évitent, les fantasmes tuent. Le sommeil comme la mort guettent à l’approche du lit et la jouissance n’est une petite mort que pour préparer à la grande. Un fantôme guette, entre chaque extase, dont le vit étouffe la vie.

C’est donc avec soulagement que la fièvre et la menace redeviennent joyeuse, incarnée, sensuelle et presque animale dans le troisième des trois opus, où la Guadeloupe est ensoleillée, les femmes rieuses et où la sorcellerie kimbois sait sauver autant que menacer et où le bois bandé est un remède plus sûr que les antibiotiques. De la fièvre de la maladie à celle de l’érotique, la confusion est heureuse et la conclusion réjouissante.

Les joies de la langue s’ajoutent d’ailleurs aux jeux de la chair, puisque dans la dernière nouvelle, l’occitan prend le relais du créole pour enrichir les pages du récit de shona, de coda, de belics, tous les mots sont bons pour chanter le chibre de l’homme et le con qui l’accueille. Gérard de Loiès signe cette lettre mémoire qui fait revivre en un souvenir romancé la plus belle aventure ou le plus beau fantasme de l’épistolier, écrivant au plus bel amour raté de sa jeunesse.

Ces nouvelles sont publiées en quatre livrets séparés dans un même coffrage, vous pourrez en goutter successivement sans prêter flanc au soupçon de polygamie, et l’éditeur nous promet même un nouveau coffret dès cette année.

 

 

 

 

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